Alexandre Shields / Le Devoir :

Dans la foulée de la décision du président Donald Trump de renier l’engagement de son prédécesseur en faveur de la réduction des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier, le gouvernement Trudeau a choisi de reporter la mise en place de la réglementation prévue ici pour ce très puissant gaz à effet de serre. Un recul environnemental majeur qui laisse par ailleurs entrevoir l’échec climatique canadien.

C’était au temps de Barack Obama. En mars 2016, l’ancien président américain et le premier ministre canadien Justin Trudeau avaient signé une entente qui prévoyait, dès 2020, l’entrée en vigueur d’une réglementation sévère sur les émissions de méthane, un gaz à effet de serre (GES) au moins 25 fois plus puissant que le CO2.

Selon les règles convenues alors par Washington et Ottawa, il était acquis que les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier devaient être réduites de 40 % à 45 % d’ici 2025 par rapport au niveau de 2012. Côté canadien, une telle réduction signifiait le retrait, chaque année, de 18 à 20 millions de tonnes de GES, soit l’équivalent de 3,8 à 4,2 millions de voitures de moins sur les routes.

Bref, « une mesure très significative », insiste Hugo Séguin, spécialiste des négociations climatiques et professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Une mesure d’autant plus nécessaire, selon lui, qu’il est fort possible que les émissions de méthane issues des opérations de fracturation hydraulique, une méthode de plus en plus utilisée, soient deux fois plus importantes que les estimations officielles. C’est du moins ce que conclut une nouvelle étude publiée cette semaine par la Fondation David Suzuki.

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