Alexandre Shields / Le Devoir :

Un président ouvertement climatosceptique, ardent défenseur des énergies fossiles et favorable à la déréglementation environnementale. Ce scénario est devenu réalité avec l’élection de Donald Trump, tandis que plusieurs voix s’élevaient déjà mercredi pour appeler le président élu à la raison, malgré les signaux inquiétants envoyés par ses déclarations des derniers mois. Au moment où la communauté internationale est réunie au Maroc pour négocier la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat, la victoire d’un candidat qui a déjà qualifié les changements climatiques de « canular » a de quoi susciter de vives inquiétudes. (…)

Concrètement, un gouvernement dirigé par Donald Trump pourrait se retirer de l’Accord de Paris à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de celui-ci. Il a d’ailleurs affirmé que c’était son intention.

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Après la stupeur, l’inquiétude chez les écologistes à Marrakech

Philippe Bélisle et Alain Brunel, Délégation de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) à la COP22 / Opinion, Le Devoir :

Au petit matin, les rayons du soleil commencent à réchauffer les remparts millénaires de Marrakech, mais, sur le site de la COP, le réveil a été visiblement brutal pour les participants qui se pressent à la sécurité et l’ambiance est plutôt glaciale. Au briefing quotidien de la délégation canadienne du Réseau action climat (RAC), l’animatrice de la séance ne peut retenir ses larmes. On se réconforte, on se serre dans les bras, on a les yeux un peu hagards.

Au troisième jour de la Conférence sur le climat, l’élection-surprise du candidat voyou Donald Trump, que la plupart des écologistes avaient refusé d’envisager sérieusement, est évidemment sur toutes les lèvres. Sur l’écran géant de la salle de briefing, une page Facebook affiche un dessin animé mettant en vedette Donald le Canard en train de découper à la scie la frontière entre le Canada et les États-Unis, avec un restaurant Tim Horton’s en arrière-plan…

Pour tenter de remonter le moral des troupes, un délégué du RAC dit espérer que le président élu Trump sera peut-être plus modéré que le candidat Trump, qui affirmait en campagne que les changements climatiques sont une invention des Chinois et qui promettait aux mineurs de charbon du Midwest de les remettre au travail. Promesse qui semble avoir porté ses fruits, puisque tous les États charbonniers (Wyoming, Virginie-Occidentale, Kentucky et Pennsylvanie) ont voté massivement pour Dr Jekyll and M. Trump.

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L’ONU impatiente de coopérer avec Trump sur le climat

AFP :

La responsable climat de l’ONU a « félicité » mercredi pour sa victoire le président américain élu Donald Trump, qui au cours de sa campagne avait qualifié le dérèglement climatique de « canular » et menacé d’« annuler » l’accord de Paris contre le réchauffement. « Nous avons hâte de collaborer avec son administration, afin de faire avancer l’agenda climatique pour le bénéfice des peuples du monde », a déclaré dans un communiqué Patricia Espinosa, depuis Marrakech où se tient la 22e conférence de l’ONU sur le climat (COP22).

La responsable climat de l’ONU n’a pas fait d’autre commentaire alors que les négociateurs et les observateurs à la COP, bien que sonnés par l’élection d’un climato-sceptique, ont affiché leur confiance dans un processus de transformation des économies déjà engagé et incontournable. « Trump doit choisir : sera-t-il un président dont on se souviendra pour avoir mis le monde sur la voie d’un désastre climatique, ou celui qui aura écouté le public américain et nous maintiendra sur la voie du progrès climatique ? », s’est interrogé Michael Brune, de l’ONG Sierra Club, qui lui a conseillé de « choisir avec sagesse ». « Sinon nous lui garantissons un combat acharné à chaque étape », a-t-il ajouté.

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