Conférence de presse filmée par Nature Québec

 

L’appui de Québec à Anticosti se fait toujours attendre

Alexandre Shields / Le Devoir :

Le dossier est jugé complet, il a reçu l’appui de scientifiques et d’universitaires dans huit pays, d’élus locaux et de nations autochtones. La municipalité de L’île-d’Anticosti attend maintenant le consentement du gouvernement Couillard pour présenter sa candidature au fédéral, en vue d’une éventuelle inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais celui-ci n’a toujours pas pris de décision, à moins de dix jours de l’échéance pour le dépôt du dossier.

Selon les informations obtenues par Le Devoir auprès de sources bien au fait de la question, le Conseil des ministres aurait en main tous les documents nécessaires pour décider s’il appuie, ou non, l’ambitieux projet de la municipalité. La décision serait d’ailleurs imminente, alors que le dossier doit être déposé au plus tard le 27 janvier auprès du gouvernement fédéral, qui décidera par la suite quels projets seront soumis à l’UNESCO.

Le hic, ont expliqué des sources, c’est que Québec finance un projet d’exploration pétrolière sur l’île, en vertu d’un contrat signé en 2014 par le gouvernement péquiste. Dans ce contexte, on aurait évoqué la question des risques de poursuites de la part des partenaires privés dans la société en commandite Hydrocarbures Anticosti, soit Pétrolia, Corridor Resources et Saint-Aubin.

Depuis que Philippe Couillard a manifesté son opposition à l’exploitation d’énergies fossiles sur l’île, Pétrolia a d’ailleurs ouvertement critiqué le premier ministre à plusieurs reprises. L’entreprise, dont Québec est le premier actionnaire, a même évoqué la possibilité d’intenter des poursuites et d’exiger des compensations financières, en cas d’arrêt du projet de recherche de pétrole et de gaz de schiste. En théorie, des forages avec fracturation sont prévus cette année.

Interpellés par Le Devoir, le cabinet du ministre de l’Environnement David Heurtel et le bureau du premier ministre Philippe Couillard ont renvoyé les questions au ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Le porte-parole du cabinet de la ministre Christine St-Pierre, Jack Roy, s’est contenté de dire que « le dossier est présentement en analyse ». Selon ce qu’il a précisé, la décision devrait être prise d’ici le 27 janvier. Évoquant les dossiers qui pourraient être soumis à l’organisme onusien, il a simplement mentionné que dans des cas comme celui d’Anticosti, il existe « des beautés naturelles qui pourraient être protégées par le patrimoine mondial de l’UNESCO ».

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UNESCO : cinq communautés innues solidaires d’Anticosti

Sophie-Hélène Lebeuf / ICI Radio-Canada :

Soutenue par les leaders autochtones de la région et des élus régionaux, la municipalité de L’Île-d’Anticosti a officiellement dévoilé la candidature de l’île comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO, avec en filigrane le dossier pétrolier.

Alors que l’île située dans le golfe du Saint-Laurent a fait l’objet de vifs débats sur l’exploration des énergies fossiles, au cours des derniers mois, c’est à la Maison du développement durable, à Montréal, que son maire, John Pineault, a livré un plaidoyer en faveur de ce « joyau » à protéger, mardi.

Vantant la beauté naturelle exceptionnelle et la géologie particulière d’Anticosti, aux paysages marqués par les falaises et les canyons, il a estimé que l’île présentait un « dossier extrêmement solide ».

Si le maire, qui s’oppose au développement pétrolier, a présenté le dossier de l’UNESCO comme étant distinct de ce débat, il a reconnu qu’il s’agissait de « l’éléphant dans la pièce ».

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Anticosti, site du patrimoine mondial de l’UNESCO

André Desrochers, Gérald Domon et Philippe Poullaouec-Gonidec – Respectivement professeur titulaire au Département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université d’Ottawa, directeur associé de la Chaire en paysage et environnement et professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal et titulaire et directeur de la Chaire UNESCO en paysage et environnement (CUPEUM) et professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal / Opinion, Le Devoir :

D’ici la fin janvier, en réponse à l’appel lancé par la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, la municipalité de L’Île-d’Anticosti soumettra la candidature de l’île en vue d’être désignée au titre de patrimoine mondial par l’UNESCO. Site géologique extraordinaire, témoin d’un tournant critique dans l’histoire de la vie sur Terre, dotée d’un paysage culturel unique au monde, Anticosti mérite sa place aux côtés des grands jalons de notre passé.

Depuis plus de 30 ans, l’UNESCO recense les sites qui, par leur valeur exceptionnelle, sont susceptibles d’être classés au patrimoine mondial de l’humanité. Elle veille à assurer la sauvegarde de ces sites, dont la disparition représenterait « une perte irréparable ».

Secret trop bien gardé du grand public, mais bien connu des milieux de la recherche dans le domaine de la stratigraphie et de la paléontologie, l’île d’Anticosti est un joyau géologique et géomorphologique. Elle constitue en ce sens le meilleur laboratoire naturel du monde pour l’étude des fossiles et des strates sédimentaires issus de la première extinction de masse du vivant, il y a près de 445 millions d’années. Elle est le vestige le plus important en épaisseur au monde, ainsi que le registre fossilifère le plus complet de l’époque que l’on nomme la fin de l’ordovicien et le début du silurien.

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Anticosti veut être sur la liste de l’UNESCO

La Presse Canadienne :

(…) Le Parti québécois, Québec solidaire et le Bloc québécois appuient la démarche auprès de l’UNESCO, tout comme le chef de la communauté innue de Mingan (Ekuanitshit), Jean-Charles Piétacho.

Le préfet de la municipalité régionale de comté de la Minganie, Luc Noël, a noté l’absence du gouvernement du Québec lors de l’événement, la qualifiant «d’inquiétante et d’inconcevable».

La députée péquiste Martine Ouellet y a pour sa part assisté.

«Juste de faire cette demande-là, ça va sensibiliser la population, mais surtout le gouvernement de Philippe Couillard à l’importance de protéger l’île d’Anticosti», a-t-elle déclaré.

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Anticosti veut être reconnue comme patrimoine mondial

Agence QMI :

(…) Des scientifiques du Québec, mais aussi d’ailleurs approuvent cette initiative, notamment parce qu’Anticosti témoigne «des grands stades de l’histoire de la Terre», selon André Desrochers, professeur du département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université d’Ottawa.

«Anticosti est le meilleur laboratoire naturel pour l’étude de la première extinction de masse du vivant, il y a près de 445 millions d’années. Anticosti nous permet de mieux comprendre les profonds changements climatiques qu’a subis la planète à cette époque et la manière dont la vie a repris son cours», a-t-il mentionné par communiqué.

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Île d’Anticosti: l’UNESCO pour contrer le pétrole?

Isabelle Dugas / La Presse :

(…) L’île québécoise aux paysages époustouflants cherche ainsi à être inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses partisans avaient commencé à faire mousser sa possible candidature depuis quelques mois.

L’île située dans le golfe du St-Laurent est très peu peuplée – à peine une centaine d’habitants permanents – mais regorge de cerfs de Virginie.

Témoin de nombreux naufrages, l’île d’Anticosti est aussi composée de profonds canyons creusés dans le calcaire, de nombreuses grottes et d’impressionnantes chutes.

Ses partisans feront valoir sa richesse fossilifère. Ils soutiennent que c’est à Anticosti que l’on retrouve la série la plus complète et la mieux exposée de fossiles issus de la première extinction de masse du vivant, il y a environ 445 millions d’années.

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