Boris Proulx / Le Devoir :

Les consommateurs québécois n’ont pas d’appétit pour plus de véhicules électriques, croient les principaux acteurs de l’industrie automobile, opposés au système de quotas envisagé par le gouvernement du Québec. Le projet de loi 104, présenté par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, envisage d’imposer un système de « crédits » pour les manufacturiers automobiles, lesquels seraient forcés de vendre une part croissante de véhicules « zéro émission » au Québec. (…)

L’industrie souhaiterait que le gouvernement ne se mêle pas des modèles de voiture qu’elle décide d’offrir, ou non, sur le marché québécois. Mark Nantais, le président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, qui représente Fiat-Chrysler, Ford et General Motors au Canada, a été invité à expliquer ses réserves sur le projet de loi 104 devant le ministre Heurtel et des députés de l’opposition. Selon lui, exiger un quota de vente de véhicules électriques reviendrait à « priver entre 100 000 et 200 000 consommateurs québécois qui ne pourront avoir accès à un véhicule [à essence] dont ils ont besoin »« Des milliers de personnes se sont inscrites sur des listes d’attente pour la Nissan Leaf, pour la Tesla 3… Ce n’est pas qu’il n’y a pas de demande, c’est qu’il n’y a pas d’offre », affirme pour sa part Yvon Bergeron, porte-parole de Coalition zéro émission Québec (CZEQ). Il dresse la liste des modèles disponibles seulement au sud de la frontière, mais pas au Québec : Volkswagen e-Golf, Mercedes B200 ED, Honda Fit EV, Fiat 500 E, notamment. « Là où une loi zéro émission a été adoptée, les manufacturiers ont été forcés d’inventer et d’offrir de nouveaux modèles de voitures électriques », analyse-t-il. Déjà, une dizaine d’États américains ont adopté des lois similaires à celle étudiée à Québec, dont la Californie et l’État de New York.

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