Jean Aubry – Jean Aubry est l’auteur du Guide Aubry 2017 «Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $» / Le Devoir :

Le vin versé par le sommelier du Café Cherrier était si vivant qu’il aurait pu sortir du verre, prendre ses jambes à son cou et disparaître avant même que j’aie terminé la première gorgée ! Vrai comme je vous le dis. Je peinais, pour ma part, à comprendre ce qui venait de se passer. J’avais beau me pincer, me frotter les yeux et écouter le battement de mon coeur irriguant ce qu’il me restait de cerveau, tout ce que je comprenais finalement était que je n’y comprenais rien. Le vin avait parlé.

Vivre une telle expérience prouve qu’il faut parfois arrêter de chercher midi à quatorze heures ce que recèle le contenu de son verre de vin. Avec cette impression qu’il me semble que l’on en fait trop aujourd’hui. Comme me le mentionnait récemment si justement un lecteur : « Le simple goût du raisin ne devrait-il pas être tout bêtement présent dans un verre de vin ? » Il a raison. Mieux vaut boire le bonheur que l’expliquer. Surtout s’il n’y a pas d’explications !

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Le bio est l’avenir de l’homme

Selon les chiffres, ce sont quelque 300 000 hectares répartis dans 50 pays qui seraient conditionnés par une agriculture agrobiologique, ce qui représenterait moins de 5 % du vignoble mondial. Des chiffres qui laissent dans l’ombre tous ces vignerons qui ont déjà adapté une biodynamie de travail qui leur est propre, à même leur vignoble, sans être homologuée sous aucun label revendicateur bio. Des chiffres encore très, très loin de l’avenir radieux que mériterait amplement la planète bleue.

Car, oui, qu’on se le dise, l’agriculture productiviste industrielle souscrivant aux produits phytosanitaires existe et n’est pas près de disparaître. Les lobbys, en ce sens, sont extrêmement puissants. Mais il est tout de même d’une ironie crasse de constater que, comme je le lisais dernièrement quelque part (mes excuses à l’auteur que je n’ai pu retracer), « les petits producteurs bios doivent prouver (et payer !) qu’ils ne polluent pas en souscrivant aux différens labels — Biodyvin, Demeter, Nature et Progrès, etc. —, alors que les exploitants traditionnels qui souillent à tour de bras reçoivent des subventions ! » Bref, le monde à l’envers.

Et puis, on ne se racontera pas d’histoire. Des centaines de milliers de personnes décèdent chaque année dans le monde à la suite de pathologies liées aux pesticides. Problèmes d’obésité et de diabète, maladies chroniques, fausses couches et infertilité, cocktails de cancer à la carte : les perturbateurs endocriniens générés par les pesticides sont multiples.

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